La rentrée est là et avec elle son lot de bonnes résolutions ou du moins une petite pression de certains côtés pour inciter nos chers enfants à lire. Bon, nous n'avons pas de formule magique pour transformer les plus récalcitrants des enfants en lecteurs hors pair mais nous connaissons deux-trois ficelles et nous avons quelques atouts dans notre manche pour réconcilier ceux qui sont fâchés avec le roman.

Au lieu du bon vieux pavé aride et pas franchement glamour, nous vous proposons quelques titres pas prise de tête pour redécouvrir que si, si, finalement lire ça peut être tout à fait amusant, voire passionnant !

Alors tentés ?

N'oubliez pas de vous adresser directement à votre cher.e bibliothécaire qui pourra vous aider à trouver chaussure à votre pied, ou plutôt le livre qui s'accorde le mieux à votre humeur.

A bon entendeur !

 

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Une "constante familiarité du pire"

« Et le dernier séisme, si meurtrier, du 12 janvier 2010, nous a rappelé qu’au hasard historique s’ajoute celui qui nous a placés sur une faille sismique et sur la route des cyclones, nous mettant dans cette constante familiarité du pire, en phase avec la conscience d’une vulnérabilité devenue mondiale. Au-delà d’une esthétique du délabrement, du désenchantement ou de la catastrophe, écrivains et écrivaines, obstinés et tranquilles, habitent ce temps où désormais l’espoir n’est plus une réponse sûre, mais seule continue de l’être l’urgence de l’ici et maintenant de la beauté. »

Ainsi Yanick Lahens achève-t-elle sa leçon inaugurale au Collège de France, pour la chaire Mondes francophones, en 2019.

Cette « constante familiarité du pire » provient notamment de l’histoire politique du pays, traversée par les colonisations (espagnole de 1493 à 1697, française ensuite jusqu’en 1804) ; l’occupation militaire américaine de 1915 à 1934 ; la dictature des Duvalier père (de 1957 à 1971) et fils (jusqu’en 1986) et ce qui en découle, pour le peuple haïtien : corruption, crimes, extrême pauvreté, prostitution… Ce que donnent à voir des romans tels que Les cacos (Jean Metellus, 1989), Corps mêlés (Marvin Victor, 2010), L’espace d’un cillement (Jacques Stephen Alexis, 1996), Les immortelles (Makenzy Orcel, 2012), Douces déroutes (Yanick Lahens, 2018)  

La vie quotidienne bouleversée par les catastrophes climatiques est aussi l’un des thèmes récurrents de la littérature contemporaine, particulièrement autour du séisme de 2010, avec Failles : récit (Yanick Lahens, 2010), Aux frontières de la soif (Kettly Mars, 2012) et Belle merveille (James Noël, 2017).

La question de l’identité, liée aux colonisations et à l’esclavage et celle de la migration (au Canada, en France, aux Etats-Unis), notamment à partir de 1957 pour fuir la dictature de Papa Doc, hante aussi de nombreuses fictions : de L’autre face à la mer (Louis-Philippe Dalembert, 1998) à Ballade d’un amour inachevé (du même auteur, 2013) en passant par Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ? (Dany Laferrière, 2002), Le cri des oiseaux fous (du même auteur, 2015)… 

Enfin, les croyances, vaudou et chamaniste, liées au peuplement de l’île par des populations africaines (Dahomey, Guinée…) dans le cadre de la Traite des Noirs imprègnent la fiction, notamment avec Les affres d’un défi (Frankétienne, 1999), L’ange du patriarche (Kettly Mars, 2017), Laisse folie courir (Gerda Cadostin, 2019) et Antoine des Gommiers (Lyonel Trouillot, 2021).

Vous pouvez découvrir notre fonds de littérature haïtienne ici !

 

Pour en savoir plus : quelques repères dans l’histoire littéraire haïtienne des 20 et 21èmes siècles

Le mouvement indigéniste (1915 - 1945)

Pour faire face à l’occupation américaine et affirmer l’identité haïtienne après plusieurs siècles de colonisation européenne, Jean Price Mars, père spirituel de ce mouvement, défend les origines africaines de son peuple (Ainsi parla l’Oncle Sam, 1928).

1927 : fondation de la revue Indigène par Emile Romer, Jacques Roumain, Emile Roumer, Normil Sylvain et Philippe Thoby-Marcelin

Dans le prolongement de ce mouvement, le réalisme social marque la période d’après-guerre, avec des écrivains tels que Jacques Roumain (fondateur du Parti Communiste haïtien), Jacques Stephen Alexis, René Depestre. Gouverneurs de la rosée, de Jacques Roumain (1944), est le roman représentatif du genre.

Avec Compère général soleil (1955), Les arbres musiciens (1957) et  Romancero aux étoiles (1960), Jacques Stephen Alexis évolue ensuite vers le réalisme magique, de même que René Depestre avec Hadriana dans tous mes rêves (1988).

Le mouvement spiraliste, à partir de 1965

Fondé par Frankétienne et René Philoctète rejoints par Jean-Claude Fignolé, ce mouvement, qui s’étend à tous les arts, se définit comme  « une méthode d'approche pour essayer de saisir la réalité qui est toujours en mouvement. », « un genre nouveau qui permet de traduire les palpitations du monde moderne. L'œuvre spirale est constamment en mouvement. C'est ce qui explique en partie cette suite de ruptures dans le développement du texte. » (Frankétienne).

Parmi les œuvres spiralistes : Ultravocal (1972), Les affres d’un défi (1979), Fleurs d’insomnie (1986), L'oiseau schizophone (1993) de Frankétienne ; Le peuple des terres mêlées (1989), Une saison de cigales (1993) de René Philoctete, Aube tranquille (1990) et Une heure pour l’éternité (2008) de Jean-Claude Fignolé.

En complément, sur la littérature haïtienne :

Les rencontres internationales des écritures de l'exil proposées au Centre Pompidou en 2004 ont donné lieu à des rencontres avec auteurs haïtiens, filmées, sous le titre de Haïti debout ! Le premier volet est ici.

Le festival Étonnants Voyageurs de 2016, sur Haïti , présente des articles sur des œuvres, des thématiques et des auteurs contemporains : c'est ici.

 

Le Dernier sommaire, un film de François Barat.
1993. 50 minutes


À l'occasion des manifestations organisées à l'automne 1993 autour de Jean Ballard et des "Cahiers du Sud" par la Bibliothèque municipale de Marseille, dépositaire des archives de la revue, le rôle des "Cahiers du Sud" dans la vie littéraire est évoqué à partir de nombreux témoignages: Raymond Jean, Constant Vautravers, Françoise Jacquemet-Ballard, Jeanne Tortel, André Libérati, Jean-Michel Guiraud, Jean Todrani, Henri Deluy, Jeannine Baude, Gérard Arseguel, Jean-Jacques Viton, Joseph Guglielmi, René Koghmann. La revue, fondée en 1914 à Marseille par Marcel Pagnol et dirigée ensuite par Jean Ballard, fut jusqu'à sa disparition en 1966, l'une des plus prestigieuse de la vie littéraire française. Jean Ballard accueillit dans sa revue Antonin Artaud, Henri Michaux, Paul Eluard, Saint-John Perse, Paul Valéry, René Char, Albert Camus, Francis Ponge... Les lettres adressées 10 cours du Vieux Port, Marseille, forment une des plus belles correspondances littéraires. Les témoignages recueillis, d'où critiques et rancune ne sont pas absentes, constituent une évocation vivante des débats qui ont agité la vie littéraire avant et après guerre et du rôle de la revue dans la découverte des jeunes auteurs.

A retrouver dans nos collections :

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Les loups sont souvent présents dans les contes traditionnels, on les craint.

Mais quand les contes sont détournés*, on s’en moque, on les tourne en ridicule, comme dans les livres de Geoffroy de Pennart ou le très drôle «  Le loup et les sept chevreaux insupportables » de Sebastian Meschenmoser.

Mais attention, il peut se venger comme dans Le plat du loup plat  ou vous donner une leçon de tolérance et d’humanité dans L’affaire méchant loup.

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Voici une sélection de 9 films documentaires mettant à l'honneur la Géorgie, une façon en ces temps de crise sanitaire où nos voyages sont en partie stoppés de partir découvrir un pays et de continuer notre parcours sur le pourtour méditerranéen !

Retrouvez tous les mois une sélection de 10 films documentaires à visionner sur la plateforme du CNC - Images de la Culture

La Médiathèque est abonnée à la plateforme institutionnelle du CNC - Images de la culture.

L’idée est de faire - chaque mois - une sélection de 10 films issus de son catalogue qui sera disponible en ligne pour un temps donné.

Il vous faudra un identifiant et mot de passe qui vous seront indiqués dans l'article de la sélection en cours.

 

Identifiant : georgie

Mot de passe : septembre

Date d'expiration : 28/09/2021 à 17:06
Il vous reste 28 jours pour voir ces films

 

 

 

C'est ici pour voir les films

 L'école : temps forts d'une vie d'enfant

Pour aborder le moment du 1er jour d'école, on se met en route avec les plus jeunes, dès 3 ans, en lisant  Premier matin de Fleur Oury, plein de tendresse, et  La Course de Malika Doray, où l'excitation est palpable. Dans La Rentrée de Lison, André Bouchard croque en de courtes saynètes, comme une BD, les angoisses nocturnes et salle de classe avec beaucoup d'humour !

Pour les plus grands, Confettis d'Adèle Jolivard, évoque ces petites périodes de temps de vacances où se construisent les souvenirs et qui rythment l'année scolaire.

Dans Ils arrivent de Sylvie Neeman, l'enseignante, à la fois décalée et réaliste, ne pourra qu'évéiller l'empathie des enfants !

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A quoi ça sert d'apprendre ?

Cette sélection de la rentrée mêle au patchwork d'histoires les premiers apprentissages : de l'utilité des tables de multiplication avec 365 pingouins de Jean-luc Fromental, L'Ours contre la montre pour apprendre à lire l'heure. 

A l'entrée de la salle des albums, deux bacs au pied des meubles à magazines contiennent des livres aux étiquettes grises: il s'agit des numéraires (livres à compter) et des abécédaires. Ils prennent la forme d'imagiers ou de courtes histoires, les uns comme les autres non dépourvus d'humour.

Pour les plus jeunes,  vous apprécierez Abc de la nature de Bernadette Gervais, dès 3 ans et primé aux salon du livre de Montreuil. Pour les plus grands, vous vous gondolerez en famille autour du très justement nommé Alphabet Cocasse et illustré de Marie-Hélène DUbray, dès 7 ans, dans lequel l'accumulation d'une même sonorité crée des saynètes incongrues !

 

Quant aux comportements d'enfants : 

L'école, c'est aussi l'apprentissage de la vie sociale en classe comme dans les cours d'école. Les enfants se comparent beaucoup comme dans Plus grand que toi,  mais font aussi l'expérience de leur rapport aux adultes. Le Repaire ou Ceux qui décident défendent la cause des enfants qui se démènent pour faire entendre leurs voix.

Dans la série Les petites patates, ce sont aussi des personnalités qui s'expriment et tentent de composer face au groupe et aux différentes contraintes du monde de l'école, comme celle d'arriver à l'heure traitée avec humour et poésie dans Henri est en retard

 

 Voir l'intégralité de la sélection

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Pour aller plus loin, deux autres sélections autour de l'école :

L'Ecole... dans les Romans jeunesse

 

Sur le chemin de l'école... dans les Documentaires

 

 

 

 

La Médiathèque vous propose de découvrir chaque mois un film documentaire de la plateforme Les Yeux doc de la BPI

Ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir le réalisateur Manoel de Oliveira que nous mettons à l’honneur et son film Visite ou Mémoires et confessions.

Pour en savoir plus sur le réalisateur, c'est par ici !

Des articles France culture à retrouver

Visite ou Mémoires et confessions

1982, 70 minutes

«Peut-être n'aurais-je pas dû faire un film comme ça - mais c'est fait.» C'est ainsi que s'exprime Oliveira, en voix off, pendant que se déroule le générique d'ouverture du film, avec une sorte d'humilité et d'excuse, lui qui nous a habitués tout au long de son œuvre à nombre de mystères et d’énigmes. Manoel de Oliveira nous aura surpris à chaque opus et même par-delà sa mort. Ce film que l'on peut interpréter comme un testament, vient en quelque sorte, pour le spectateur de 2016, d'outre-tombe. Né, réalisé et soutenu financièrement par l'État portugais à la condition expresse qu'il ne soit pas montré du vivant de son auteur, "Visite ou Mémoires et confessions" n'a pas été exhumé des fonds de la Cinemateca Portuguesa. Le film y fut déposé sous scellés pour y être conservé, en attente d'être divulgué. Comment s'y-est-il pris ? Comment Oliveira utilise-t-il le cinéma pour faire «ce film de Manoel de Oliveira sur Manoel de Oliveira à propos d’une maison» ?

Pour lire la suite, c'est ici !

 

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