A travers ses spectacles les plus récents, Bintou Dembélé aborde notamment le fait colonial afin de se réapproprier cette histoire. Ses chorégraphies explorent les notions de mémoire corporelle et d'identité.

 

bintouminilogo

Dans les Indes galantes
Œuvre‑phare du siècle des Lumières, Les Indes galantes s’apparente à un éblouissant divertissement. Mais le premier opéra‑ballet de Rameau témoigne également du regard ambigu que l’Européen pose sur l’Autre – Turc, Inca, Persan, Sauvage, un ode à l’exotisme colonial. En 2017, le réalisateur Clément Cogitore signe un film explosif et très remarqué, adaptant un extrait des Indes galantes avec le concours de danseurs de Krump. Avec la chorégraphe Bintou Dembélé, il s’empare cette fois de cette machine à enchanter dans son intégralité pour le réinscrire dans un espace urbain et politique dont il interroge les frontières.

 

Dans le podcast #EXTRA2020, vous pourrez écouter la chorégraphe, interviewée lors de l'Afropolitan festival Bozar, expliquer les dessous de la création “Les Indes Galantes”.

 

 

 

A retrouver dans nos collections :

OPAC Détail de notice

En ligne sur la Philharmonie à la demande : une présentation de l'oeuvre.

indes galantes philarmonie

bintouminilogo

 

Dans Z.H., (Zoos humains), la chorégraphe  revient sur un pan de l’histoire coloniale : les exhibitions « de bons sauvages » lors des expositions universelles ou coloniales et questionne ainsi le présent : Comment le corps reste t-il imprégné de l’histoire coloniale et des représentations racistes ? Par la danse, le corps, le mouvement, elle interroge l’enfermement dans le regard de l’autre car nous continuons de porter en nous des rapports de domination hérités du colonialisme.

 

 

A retrouver dans nos collections :

OPAC Détail de notice

 

 

bintouminilogo

 

Dans S/T/R/A/T/E/S Quartet
Elle continue avec S/T/R/A/T/E/S Quartet – dont le titre fractionné évoque les lignes de faille de la mémoire intime – à interroger les hiérarchies raciales. La mémoire a ses strates, parfois traversées de fantômes. Avec trois artistes à ses côtés, Bintou Dembelé développe  une esthétique propre, creuse son rapport au passé.
Sur scène, des cercles tracés à même le sol renvoient aux cultures chorégraphiques où chacun peut occuper tour à tour la place centrale et se dépasser. S/T/R/A/T/E/S en fait un espace de palabre, où des états de corps inspirés du hip hop et du krump rencontrent la musique répétitive de Charles Amblard et la voix de Charlène Andjembé, entre jazz, blues et polyphonie d’inspiration africaine. En tant que chorégraphe comme en tant qu’interprète, Bintou Dembelé porte haut une histoire à la fois sociale et personnelle, en toute liberté. ©CND

 

 

 

Conférence "Modèles noirs" (15 mai 2019) | Spectacle Bintou Dembélé "Performance" de Bintou Dembélé avec Charlène Andjembé (voix) / Charles Amblard (musique)

Un colloque international de deux jours a été organisé conjointement par le musée d'Orsay et l'université de Columbia à Paris pour accompagner, compléter et prolonger les contenus proposés dans l'exposition « Le modèle noir de Géricault à Matisse » et les contributions faites au catalogue qui l'accompagne. Dans un esprit transnational et interdisciplinaire, les chercheurs invités à ce colloque ont traité des modalités de représentation des populations et des individualités noires dans l'art, la caricature et le spectacle vivant, modalités qui se déclinèrent dans des contextes historiques et politiques variés, y compris par-delà la France métropolitaine. La circulation de certains clichés entre les milieux de la scène et de l'art a été abordée, comme la prééminence de certaines personnalités noires restées célèbres dans l'histoire. On a cherché à analyser la récurrence à l'époque moderne et contemporaine de certains stéréotypes, en donnant la parole à des artistes d'aujourd'hui incluant cette dimension dans leur création."

 

 

 Dans "Mon appart en dit long", « Cette pièce illustre la mise en œuvre d'un nouveau processus de création pour moi.
C'est une mise en abyme, un autoportrait qui transite par le lieu du repli, de l'accueil, de l'espace-temps qu'est le lieu d'habitation. Le titre préfigure l’intimité vers laquelle je souhaite conduire le spectateur.
Comme une urgence de dire, je m’exprime par des états de corps. Dans ma danse, de petites boucles se répètent, s'amplifient, et se confondent par moments.
Nourri d'une énergie Hip- Hop expérimentale, dynamique et rythmique, le mouvement dévoile des atmosphères, par une gestuelle délicatement borderline qui contraste avec des silences donnant naissance à un geste serein.
C’est aussi l’histoire d’un corps face à son héritage culturel, qui se raconte.
C’est en tentant de préserver à la fois mon instinct et l’écoute de mon intériorité que je me risque dans cette pièce. »
Bintou Dembélé

 

 A retrouver dans nos collections :

OPAC Sélection de notices

 

Pour retrouver toute la sélection, c'est ici

La danse de Bintou Dembélé s'inscrit dans une pensée marronne.

Le marronnage au sens strict c'est une forme de vie et de résistance qui s'est développée en contrepoint des plantations esclavagistes. Le marronnage, c'est échapper à l'exploitation pour retrouver une vie libre. C'est un espace de refuge et de disparition.

Dans cet épisode de Palabre, elle parle du marronnage avec Dénètem Touam Bona, anthropologue, professeur de philosophie et écrivain. La pensée de Dénétem Touam Bona célèbre ce mode de résistance. Elle permet d'avoir une vision créatrice de la fuite, de la fugue.

 Dans cette vidéo, elle explique la notion de détournement ou comment un geste du  hip-hop, le footwork s'inscrit dans cette culture maronne.

 

bintouminilogo

 

 Pour aller plus loin :

 

Dans nos collections, des documents sur le colonialisme :

OPAC Sélection de notices

Pour retrouver toute la sélection, c'est ici

 

Et pour aller plus loin, dans les thèmes abordés par la chorégraphe :

Célia MounWoke est à l’origine de l’incontournable podcast MounWoke dont tous les épisodes sont disponibles sur le média RAK. Régulièrement, cette femme d’une trentaine d’année décortique, examine, analyse des sujets aussi bien liés à la Martinique, qu’au féminisme, ou encore à la culture noire notamment dans l’émission de radio qu’elle co-anime, Piment, Dégustation en musique de ce qui anime le réel et le virtuel en compagnie de quatre passionnés de cultures noires aux opinions tranchées. Palais sensibles s’abstenir. Sur Nova, un samedi sur deux.

Retrouvons son interview sur le site Reine des temps modernes :

Célia MounWoke (Podcasteuse) – “Je suis une femme « noire » depuis que j’ai mis les pieds en France …”

rak radio

 

 

La chorégraphe Gisèle Vienne travaille autour des stéréotypes féminins. Depuis 2000, elle mène une investigation intransigeante sur le réel et l’identité qui hybride danse, théâtre et marionnette.Voici son interview au Monde en septembre 2021 :

gisèle vienne