Un sujet de société....

Alors que le projet de loi contre les souffrances des animaux doit à nouveau être débattu aux parlements, faisons le point sur sa diffusion dans la littérature de jeunesse qui, une fois encore, se fait l'écho des questions de société. Si ce sujet peine à trouver sa place au calendrier parlementaire, vous pouvez néanmoins vous pencher sur  la proposition de loi relative aux conditions de vie des animaux sur La Chaine Parlementaire. Un petit historique législatif complétera cette approche contemporaine du sujet, par là.

...présent dans la littérature de jeunesse

Comme souvent, la société n’attend pas la loi pour évoluer ! De nombreux livres pour enfant abordent ce sujet depuis quelques années maintenant. Rappelons quand même que la thématique des animaux n’est pas tellement novatrice dans la littérature jeunesse - citons « Pourquoi il ne faut pas habiller les animaux » de Judi et Ron Barrett en 1971 ou « Crictor » de Tomi Ungerer en 1980 - ce qui l’est davantage, c’est le point de vue empathique, sensible avec lequel la littérature aborde aujourd'hui le sujet.

Précurseurs, quelques livres impertinents mettent les pieds dans le plats: Mathis, avec « la Planète des animaux » en 2012, met en scène une société d’humains vivant sur Terre comme des animaux (son personnage de Boris alors que la série n’a que 2 ans et ne connais pas encore le succès d’aujourd’hui). Cette inversion des rôles se retrouve également dans "Empreintes" de Nicolas Bianco-Levrin ou plus récemment dans l'album sans texte « Chasseur de dents » du Coréen Cho Won-Hee. C’est violent, et ça fait grincer des dents!

Et comme souvent dans les bons livres d’images, plusieurs sujets s’entremêlent. Ils susciteront probablement de nombreuses questions de la part des enfants, et autant vous préparer tout de suite, ce ne sera pas toujours facile d’y répondre… mais éveiller l’esprit critique, participer aux débats de la société, puiser des avis pour se construire le sien propre… Nous avons de grands projets pour vos enfants !

Pour les plus jeunes,

on trouvera des livres d’observations du comportement animalier qui renvoie au comportement humain. Il sera essentiellement question de l'amour filial, des situations d'intimité et de complicité qui mettent en lumière l'attachement et l'attention des êtres qui se rapprochent.

Pour les enfants un peu plus grands,

on proposera des livres qui évoquent la compassion, aux personnages anthropomorphes parfois.  Dans "Adieu Chaussette", l’enfant trouve qu’un compagnon animalier (et surtout un lapin) ça fait trop bébé… il l’attache à un arbre dans un bois et part. Tout au long du chemin du retour, son acte lui parait de plus en plus sordide, et il se met à s’inquiéter du devenir du petit Chaussette.. Il rebrousse chemin, mais le lapin à disparu, de même que le fil de laine qui le tenait en laisse…

Les enfants découvriront aussi que vouloir prendre soin d’un animal sauvage, c’est aussi ne pas respecter leur nature sauvage comme dans "Tigre" de Jan Jutte ou "Un nom de bête féroce" de Marine Rivoal. Dans « Hortensia », Marie Chartres et Jean-Luc Englebert déconstruisent les idées reçues. Le chien attaché supplie tous les animaux qui passe de le libérer mais sa voix effraie. L'unité faisant la force, à plusieurs, ils dépasseront leur peur et libéreront Hortensia.

Pour les aînés,

on apprend, dans des albums bienveillants, qu'il est humain d'être parfois acculé à un comportement qui manque d’empathie. On a le droit de changer d’avis… ou pas ! Le comportement consommateur est clairement pointé dans « Viens Emile, on rentre à la maison » d’Hans Texler. Ici, isolée, en situation d'extrême pauvreté, une vieille femme se résout à manger son cochon. Arrivée à l’abattoir, elle rebrousse chemin. Il est aussi question de solidarité. D'autres albums prônent l'indulgence pour ceux qui pensent ne pas avoir le choix que de traiter les animaux comme des bêtes. Il est donc aussi parfois question de régime alimentaire…

 

 

 

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