Isao Moutte, auteur et dessinateur de BD montreuillois, était en résidence à la Médiathèque de Bagnolet de septembre 2020 à l'été 2021. Pendant cette résidence, il a travaillé sur son album Clapas, qui aurait dû paraître à cette période. Retardé, Clapas a finalement été publié début novembre 2021. 

Isao Moutte sera à la librairie De beaux lendemains le samedi 18 décembre de 11h à 13h, pour signer ce nouvel album.

En exclusivité, il répond à nos questions sur ce livre, qui marque un tournant dans son parcours.

 

Comment t'es venue l'idée de l'histoire de Clapas ?

Je souhaitais au départ raconter à nouveau une histoire qui se passe, comme pour Castagne, dans le Diois, un lieu où j’ai passé la majeure partie de mes vacances étant enfant et pour lequel j’éprouve toujours de l’affection. 

Je voulais cette fois-ci lui donner plus d’importance, comme un personnage à part entière. Je n’avais pas vraiment d’idée d’histoire au départ, ayant uniquement le personnage de Louis, qui allait retrouver son père à bord d’une vieille 4L, une scène que l’on voit dans les dix premières pages. J’étais donc plutôt parti dans une sorte de road movie, de voyage initiatique, mais je me suis vite rendu compte que je ne savais pas vraiment quoi raconter… Alors assez rapidement, je me suis dirigé vers une ambiance plus « thriller » : puisque j’étais coincé « scénaristiquement parlant » dans ce récit, je me suis dit : pourquoi ne pas bloquer littéralement mes personnages dans ce décor, au point où ils ne pourraient plus s’en échapper, en leur coupant la route ?

Comme dans ton précédent album, Castagne (2015) et dans celui réalisé avec Thomas Gosselin, La trêve, chérie (2019), l'histoire de Clapas se déroule à la campagne. Pourquoi cette prédilection pour l'univers rural ?

Tout d’abord, je suis très attiré par les polars et thrillers qui se passent dans la nature, à la campagne, au milieu de nulle part - que ce soit en roman ou en film. J’ai voulu recréer cette tension qui s’installe petit à petit, jusqu’à un point de bascule, tel qu’on peut le ressentir dans certains films des années 70, comme  Délivrance de John Boorman, Les chiens de paille de Peckinpah, ou encore Southern confort de Walter Hill.

Par ailleurs, c’est peut-être parce que j’habite la ville, que j’ai envie de faire des BD « campagnardes »… c’est bête à dire mais c’est un peu un moyen de m’échapper de cet univers urbain qui m’entoure habituellement…

Avec Clapas, tu as changé d'éditeur, en passant d'Hoochie Coochie, qui qualifie sa production d'"artisanale" à Sarbacane, éditeur spécialisé dans la création d'albums jeunesse et de BD jeunesse et adulte, qui touche un plus large public.

Comment s'est passé le travail avec cette maison d'édition, pour le scénario et pour le dessin ?

Après Castagne, j’ai évolué vers un style plus « classique » voire réaliste au niveau du dessin. J’ai donc décidé d’envoyer mon projet à un maximum de maison d’éditions, en commençant par les plus gros, (tout en sachant qu’il allait être sûrement refusé !)

A mon grand étonnement, Sarbacane a été l’éditeur qui a bien voulu de mon projet, sans même savoir exactement de quoi allait parler ma BD. Mon dessin leur avait plu mais l’éditeur m’a tout de suite prévenu qu’il  allait être exigeant en ce qui concernait le récit. Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai commencé à refaire plusieurs fois le story-board du début à la fin, jusqu’à ce qu’il convienne à la fois à lui mais aussi à moi. C’était la première fois que je dessinais entièrement le brouillon d’une bande dessinée avant de passer à sa réalisation, et je peux dire que c’était au final très positif malgré le temps que j’y ai consacré (et toutes les pages parties à la poubelle). Cela permet vraiment de voir l’histoire dans son ensemble, de pouvoir la peaufiner au maximum avant de passer « au propre ». Le fait que l’éditeur intervienne aussi souvent était également une première pour moi, mais cela s’est aussi avéré bénéfique : j’ai souvent besoin de quelqu’un pour construire un scénario, d’un œil extérieur qui puisse me dire si je vais dans la bonne direction ou si je me plante complètement et que rien n’est crédible dans ce que je raconte !

Contrairement à Castagne et à La trêve, chérie, l'album Clapas est en couleur. Comment s'est fait le choix de colorisation ?

Le choix de la couleur, c’est en fait une suggestion de… mon épouse ! Le ton ocre rappelle la couleur de la terre : je trouve que c’est au final un élément important : elle joue dans l’ambiance générale du livre.

Que représente ce travail pour un dessinateur de bande dessinée ?

C’était la première fois que je colorisais une bande dessinée et même si j’ai utilisé des couleurs similaires et qu’il y a uniquement 3 ou 4 tons différents, je ne me rendais pas compte de la masse de travail que ça représentait. Ce que je pensais faire en 2 ou 3 semaines a finalement pris plusieurs mois !

As-tu des projets en cours, et si oui lesquels ?

Je travaille actuellement sur l’adaptation d’un roman d’un écrivain français, Les évaporés de Thomas B. Reverdy, qui se passe au Japon. Il parle du Japon actuel, celui que l’on ne voit pas, dont on parle très peu dans les médias ; des laissés pour compte après le tsunami de 2011 et des Japonais qui s’évaporent : ceux qui disparaissent soudainement sans laisser de trace –souvent par honte, après avoir été licencié - et qui se retrouvent presque à la rue, à devoir faire le sale boulot que la plupart des gens refusent de faire pour survivre, comme travailler pour la décontamination de la centrale de Fukushima ou vider les maisons abandonnées après le tsunami…

La sortie est prévue pour le premier semestre de 2023, de nouveau aux éditions Sarbacane.

 

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Avec 521 romans cette année, la rentrée littéraire ne déroge pas à la règle de la surabondance, malgré les promesses des éditeurs de ralentir la production...

La Médiathèque a (nécessairement !) sélectionné des romans, environ 70, parmi cette profusion de titres. Quelques repères pour choisir vos prochaines lectures :

La famille est une nouvelle fois un thème phare des livres de cette rentrée, sous la forme d'une saga américaine (Lorsque le dernier arbre de Mickaël Christie), d'une histoire abracadabrante (L'hôtel du cygne de Yueran Zhang), de folie (Le fils de l'homme de Jean-Baptiste Del Amo) ou de textes plus réalistes, comme Un tesson d'éternité de Valérie Tong Cuong.

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Les relations pères-fils ou filles sont au centre de La volonté (Marc Dugain) et de 907 fois Camille de Julien Dufresne-Lamy ; celles des mères avec leur enfant (fils ou fille) de Revenir à toi (Léonor de Recondo), Memorial Drive (Natasha Trethewey), Shuggie Bain (Douglas Stuart).

Avec Clara Dupont-Monot, c'est le sujet d'un enfant handicapé dans une famille qui est traité, dans S'adapter.

Sans surprise, l'amour est également un sujet très présent... L'amour passion avec Feu de Maria Pourchet ; celui qui brise les conventions avec Tout ce que dit Manon est vrai de Manon Fargetton ; ou encore l'amour conjugal, traité avec humour par Maud Ventura, dans Mon mari.

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La difficulté d'aimer est le sujet de Six pieds sur terre d'Antoine Dole et de La félicité du loup de Paolo Cognetti et la célébration de la femme aimée celui de Jacqueline, Jacqueline de Jacques Grumberg.

D'autres romans sur le même thème : Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable ; L'éternel fiancé d'Agnès Desarthe.

 

Après ces deux thèmes majeurs, la famille et l'amour, les romans se répartissent en une multitude de sujets....

Le retour sur le passé d'un personnage : Avant les années terribles de Victor del Arbol, La carte postale d'Anne Berest, Enfant de salaud de Sorj Chalandon ;

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L'immigration en France avec Comme nous existons de Kaoutar Harchi, Soleil amer de Lilia Hassaine et d'iraniennes en Irlande Une soupe à la grenade de Marsha Mehran ;

L'exil de l'Argentine avec Santiago H. Amigorena (Le premier exil) et de Cuba avec Leonardo Padura (Poussière dans le vent) ;

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La politique avec Temps sauvages (Mario Vargas Llosa) et la géopolitique, matinée d'aventure dans La rose des vents (Andréï Guelassimov) ; 

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Le chaos climatique et ses conséquences familiales et personnelles, avec Sidérations de Richard Powers, Hors gel d'Emmanuelle Salasc ou encore Climax de Thomas B. Reverdy ;.

La nature et son lot d'imprévus et de rencontres, avec Au-delà de la mer de Paul Lynch, Les ombres filantes de Christian Guay-Poliquin et Femme du ciel et des tempêtes de Wilfried N'Sondé ;

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La banlieue vécue par des adolescentes avec Grande Couronne de Salomé Kiner et Pour que je m'aime encore de Maryam Madjidi ;

L'univers de la police, avec G.A.V. de Marin Fouqué et  Milwaukee Blues de Louis-Philippe Dalembert ; 

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Les récits personnels avec Changer : méthode d’Édouard Louis et Le voyage dans l'Est de Christine Angot ;

L'étrange avec Le créateur de poupées de Nina Allan, La bonne chance de Rosa Montero et Ultramarins de Mariette Navarro ;

Le don (détenu par un personnage) dans Notre part de nuit (Maria Enriquez) et Au temps des requins et des sauveurs de Kawai Strong Washburn.

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D'autres romans n'entrent pas dans cette "classification"... Vous les trouverez ci-dessous :

 

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Pour retrouver la liste complète des romans "inclassables", c'est ici

 

 

 

 

 

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Nous vous proposons de découvrir des romans policiers présents dans nos collections dont les auteurs sont nés en Asie, ou d'origine asiatique, en se limitant à quatre pays : la Chine, la Corée, le Japon et le Vietnam.

Si le Japon notamment, et la Chine, comptent depuis plusieurs années des auteurs de romans policiers traduits en France, les traductions sont plus récentes pour le polar coréen. Les autres pays de l'Asie du Sud-Est sont présents dans nos collections mais en littérature "blanche", il existe peu de traductions de romans noirs ou policiers.

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Les romans vietnamiens présents dans cette sélection sont l’œuvre de Tran-Nhut, un pseudonyme qui regroupe le travail de Thanh-Van Tran-Nhut et Kim Tran-Nhut, deux sœurs nées en 1962 et 1963 au Vietnam, qui se sont installées en France en 1971. Les histoires qui mettent en scène les enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh, dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle. Ces romans édités chez Picquier sont écrits en langue française.

Deux séries avec un enquêteur récurrent sont à suivre dans les romans policiers chinois :

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Partez sur les traces de Maître Hong, un jeune avocat-détective qui adore s’immiscer dans certaines enquêtes qui dépassent largement le cadre de son métier, admirablement secondé par sa pétulante secrétaire Song Jia. Cinq romans publiés par les éditions de L'Aube et écrits par He Jiahong, criminologue et expert de procédure pénale, qui contiennent certaines critiques de la société chinoise, notamment la corruption...

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Avec l'inspecteur principal Chen Cao, vous allez découvrir les entrailles de Shanghai dans une série de 11 romans du chinois Qiu Xiaolong, publiés chez Liana Levi et dont la première enquête se passe en 1990 avec Mort d'une Héroïne rouge. Chen Cao a grandi au temps des dénonciations de masse et des excuses publiques. Poète dans l'âme, spécialiste de la littérature américaine, c'est l’État chinois qui le nommera dans un commissariat de la ville. Ses enquêtes mêlent politique, vie courante et intrigue policière et nous donnent une vision bien noire et réaliste de la démocratie à la chinoise, lui qui a préféré s'installer aux États-Unis après les manifestations de la place Tian'anmen en 1989.

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Les éditions Matin Calme se sont spécialisées dans l'édition de polar coréen : nous avons acheté trois titres dernièrement. Leur ambition : plonger avec nous dans l’univers si particulier, sanglant, social, paradoxal, hallucinant, dantesque et drôle, du polar coréen ! Des romans extrêmement contemporains comme celui de la jeune Jae-han Jung qui appartient à cette nouvelle vague de web-auteurs feuilletonistes avec sa comédie policière coréenne virevoltante Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant.

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Les éditions Atelier Akatombo sont spécialisées dans la traduction d’ouvrages japonais. Deux ouvrages à notre catalogue, même si nous aurions adoré en avoir plus : la japonaise Kanae Minato qui a vu son roman Expiation : celles qui voulaient se souvenir, à la construction remarquable, subtile, belle et terrible, être adapté au cinéma par Kiyoshi Kurosawa sous le titre de Shokuzai ; et Tetsuya Honda, avec Cruel est le ciel, met en scène la lieutenante Reiko Himekawa, responsable d’une sous-section de la brigade criminelle de Tokyo, une officière de police atypique qui se fie davantage à son instinct qu’aux faits, et qui dérange dans un milieux majoritairement masculin.

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Les éditions Picquier traduisent depuis longtemps des auteurs de littérature asiatique. On retrouve dans cette sélection des auteurs à la frontière du roman policier, et des classiques comme les japonais Edogawa Ranpo (un prix littéraire à son nom est décerné chaque année au Japon) ou Seicho Matsumoto, ou plus récemment Miyuki Miyabe, l'une des autrices phares de la littérature policière japonaise.

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Dans les auteurs récemment traduits, la coréenne Pyun Hye-young se démarque par son imagination débridée et insolente et l’originalité de son écriture. Le jardin, publié chez Rivages, a reçu le prix Shirley Jackson, du nom de l'autrice du même nom, qui récompense des ouvrages de suspense et d'horreur psychologique.

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La collection Actes noirs, chez Actes Sud, célèbre pour avoir lancé la série Millénium, de Stieg Larsson, a aussi publié les nombreux ouvrages du japonais Keigo Higashino, l'une des stars du roman policier japonais. Il a reçu notamment le Prix polar du meilleur roman international du festival de Cognac pour La maison où je suis mort autrefois. Vous pouvez également retrouver le coréen Kim Sôngjong et les japonais Kaoru Takamura et Masako bando.

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Le Japon dans tous ses états, c’est l’étrange et intriguant huis clos de quelques jours narré dans Rendez-vous dans le noir, d’Otsuichi ; c’est le suspense et la fantasmagorie qui s’entremêlent dans Le calligraphe d’Hisaki Matsuura, un roman ésotérique et expérimental. Ce sont aussi deux classiques qui commencent comme des mystères de chambre close et qui explorent les tabous du Japon d’avant-guerre pour Tokyo Zodiac Murders de Soji Shimada, un roman truffé de mystères astrologiques, alors qu’Irezumi d’Akimitsu Takagi nous embarque dans le trafic de tatouages traditionnels dans le Japon de l’immédiat après-guerre. Plus contemporain, Kazuaki Takano explore le système judiciaire japonais avec 13 marches, et plus précisément la peine de mort, qui s’exécute exclusivement par pendaison au Japon. Quant à Natsuo Kirino, elle met la condition des femmes et leurs combats au cœur de son œuvre multi-récompensée au Japon.

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Bonnes découvertes ! 

La sélection à feuilleter :